Événement
Inauguration d'une oeuvre de Daniel Hogue
1 août 2009 à 16H00
Daniel Hogue réalisera une oeuvre in situ près de l'ancienne gare de Val-David du 24 au 26 juillet.
Le conseil d’administration du Centre d’exposition de Val-David, et la directrice générale, madame Manon Regimbald, vous invitent, le samedi 1er août à 16h à l’inauguration de l’œuvre que Daniel Hogue a réalisée in situ, devant la petite gare de Val-David. Le public est convié à s’y rassembler pour assister au dévoilement de la sculpture Le chant de la pierre ou La locomotive pétrifiée. Le tout se poursuivra au Centre d’exposition.
Depuis 1992, l’ensemble des œuvres de Daniel Hogue explore et matérialise le code braille, langage insaisissable de l’invisible et du tactile chez les aveugles, afin de le rendre visible et signifiant par les arts visuels.
Le chant de la pierre ou la Locomotive pétrifiée
Anorthosite de Morin, pierre âgée de 950 millions d’années.
2009
“Nous sommes les enfants d’un cosmos qui nous a donné naissance après une grossesse de 14 milliards d’années. Comme dans la tradition hindouiste: les pierres et les étoiles sont nos soeurs”.
Hubert Reeves
La lumière embryonnaire commençait à peindre les contours de la Vie et à modeler le relief innocent de la jeune Terre. Un jour de l’été 1981, le soleil martelait les rails de ses rayons de plomb, si bien qu’on entendait des sons élastiques de cuivres mal accordés. Un point d’une extrême brillance s’avançait lentement à l’horizon. La locomotive entrait en gare, démotivée. Elle s’écroula, épuisée, dans un nuage de poussière et d’étincelles métalliques, elle qui avait l’habitude de défier de vitesse les libellules bleu cristallin. Les voyageurs apeurés cherchèrent l’issue de secours. L’un d’eux, horloger de métier, eut la lumineuse idée de récupérer quelques pièces de l’engin afin de rentrer à la maison sur deux roues, heureux. Les saisons passèrent et fossilisèrent l’engin fabuleux serti d’éclats des temps lointains. On vit resurgir les échos lumineux de son passé.
Quelques mots de ce récit nous apparaissent en braille à la surface de cette roche. D’autres, dissimulés à l’intérieur, demeurent invisibles mais néanmoins présents, enfouis en son centre fossilisé.
Daniel Hogue, 28 juin 2009




